Des terrains de Super League aux podiums londoniens
L’Angleterre ne jure que par elle. Le 19 septembre, quelques minutes après être entrée en jeu sous ses nouvelles couleurs de Chelsea, dans la foulée de son transfert majeur depuis Manchester United, elle inscrivait son premier but en Women’s Super League à Stamford Bridge. Deux jours plus tard, changement d’ambiance, c’est sur un podium de la London Fashion Week, drapée dans la création d'une marque britannique indépendante, qu'elle faisait sensation.
Un moment fort qu'elle a résumé elle-même en sortant du podium : « Le football et la mode, deux univers que j'aime, réunis en un seul moment inoubliable. » Voir une footballeuse pro casser ainsi les codes montre que son statut a définitivement basculé vers une autre dimension.
Un CV XXL construit dans l'ombre
La qualifier de simple révélation serait ignorer son palmarès. Avant de s'envoler pour l'Outre-Manche, la Réunionnaise avait déjà tout gagné avec OL Lyonnes, accumulant quatre Ligues des champions et plusieurs titres nationaux. Ajoutez à cela 41 sélections et 14 buts sous le maillot tricolore. Son choix de s'exiler en Angleterre à partir de 2023 explique en partie ce déficit de notoriété dans l'Hexagone. Après trois saisons pleines à Manchester United, avec 23 buts en 95 matchs et une FA Cup au passage, elle franchit cet été un nouveau palier en signant pour quatre ans à Chelsea. Elle y retrouve Sonia Bompastor, son ancienne coach lyonnaise, dans l'un des clubs les plus ambitieux de la planète.
Le Ballon d'Or pour enfin crever l'écran ?
Sa place parmi les 30 nommées au Ballon d'Or 2026 confirme qu'elle fait partie de l'élite mondiale. Pourtant, sur le terrain, la joueuse conserve sa fraîcheur : « Quand je suis sur le gazon, je ne réfléchis pas trop, je joue simplement. Portes ce maillot amène de la pression, mais c'est de la bonne pression. » Sa situation résume à elle seule les défis actuels du football féminin. Comment peut-on empiler les trophées, jouer dans le meilleur club anglais, figurer parmi les prétendantes au plus grand trophée individuel et passer encore sous le radar des médias généralistes ?
En mêlant son talent balle au pied à une personnalité affirmée en dehors, Melvine Malard impose son propre style. La question n'est plus de savoir si elle deviendra une grande joueuse, car elle l'est déjà. Ce qui lui manque encore, c'est l'éclairage qu'elle mérite dans son propre pays.