Une saison fulgurante avec le PSG a valu à Khvicha Kvaratskhelia une nomination au Ballon d'Or 2026, la troisième de sa carrière. Voici son parcours de la saison 2025/26 et au-delà…
Khvicha Kvaratskhelia est au sommet de son art.
En avril 2026, lors de l’un des matchs européens les plus fous et les plus captivants de mémoire d’homme, l’ailier a inscrit un doublé contre le Bayern de Munich, battant ainsi le record du club en matière de participation à des buts lors d’une campagne de Ligue des champions.
Lors du match retour, sept jours plus tard, un centre astucieux qui a permis au PSG d’ouvrir le score a fait de lui le premier joueur à marquer ou à délivrer une passe décisive lors de sept rencontres consécutives de Ligue des champions.
Une semaine plus tard, un nouveau but a permis aux Parisiens de décrocher le titre de champion au détriment de Lens.
Ce mois a donc été particulièrement fructueux pour le Géorgien, qui a rejoint le PSG pour 80 millions d’euros en janvier 2025, et pourrait bien s’avérer être un tremplin décisif vers une année inoubliable.
S’il participait à un autre but lors de la finale contre Arsenal en Hongrie, fin mai, Kvaratskhelia en serait à 11, et seuls deux autres joueurs ont jamais atteint ce total dans la compétition en une saison.
Il s’agit de Cristiano Ronaldo et de Karim Benzema, qui ont chacun remporté Le Ballon d'Or peu après.
Élégance et agressivité : un mélange dévastateur
Né et élevé à Tbilissi, la capitale de la Géorgie située au bord de la rivière Kura, Kvaratskhelia est avant tout un joueur divertissant, dont le rôle est de faire le spectacle.
Il dribble, feinte et, étant aussi à l’aise des deux pieds, ses intentions restent un mystère à chaque seconde palpitante où il est en possession du ballon. Il peut opter pour la ligne directe, dépassant les arrières latéraux les plus rapides dans une course à pied, grâce à une foulée peu orthodoxe qui semble se contredire, à la fois gracieuse et désordonnée. Une « foulée élégante » est ce qui la décrit le mieux.
À l’inverse, il peut tirer ou centrer dès le départ, grâce à sa capacité à viser avec précision sans avoir besoin de « se mettre en position ».
Tour à tour dévastateur et malin, son jeu est un véritable régal pour les yeux et il n’est pas surprenant que les supporters de Naples lui aient décerné le plus grand des honneurs en comparant le Géorgien à Diego Maradona lorsqu’il a mis en pièces les défenses de la Serie A à Naples. Il était « Kvaradona », le joueur qui – à l’instar de l’un des plus grands à avoir jamais enfilé une paire de crampons – pouvait faire surgir de la magie de nulle part.
Tout cela est bien beau, mais ce genre de prouesses est généralement sporadique. C’est le compromis que l’on accepte avec les ailiers qui prennent des risques. On savoure leurs moments de gloire, puis on leur accorde une marge de manœuvre pendant leurs périodes d’anonymat.
Ce qui distingue Kvaratskhelia, c’est sa créativité constante ; sa capacité à atteindre des sommets et à avoir un impact significatif semaine après semaine.
Ses statistiques de l’année écoulée le confirment, avec une moyenne de 11,7 dribbles progressifs par 90 minutes et 5,3 duels gagnés. Le joueur de 25 ans a également réalisé 2,3 tacles par match – ce qui témoigne de son abattage, car ce chiffre est généralement propre à un défenseur – tandis qu’à l’autre bout du terrain, il a délivré 2,2 passes décisives.
Et puis, bien sûr, il y a les buts et les passes décisives : ces centres millimétrés et ces finitions infaillibles qui font régulièrement la une des journaux. Mais tout cela, nous le savons déjà.
Lorsque le PSG a déboursé une somme astronomique pour Kvaratskhelia début 2025, c'était avec la lourde mission de devenir le joueur phare du club dans une ère post-Messi, post-Mbappé et post-Neymar.
Il s’est incontestablement acquitté de cette mission.
Garder les pieds sur terre
Lorsque ceux qui connaissent l’ailier parlent de lui, ils évoquent des qualités qui font de lui le gendre idéal.
Il est humble. Généreux. Il est patriote, animé d’un amour profond pour sa patrie, dépourvu de nationalisme et fait uniquement de fierté. Il accorde la priorité à la famille avant toute autre considération et a travaillé avec une diligence incroyable pour atteindre ses objectifs de vie.
Il est révélateur, dans le meilleur sens du terme, que ses meilleurs amis d’aujourd’hui soient les mêmes que ceux avec lesquels il jouait au jonglage devant l’immeuble sans charme qui abritait la maison de son enfance.
Ces valeurs louables se sont forgées dans ce foyer, entouré de ses parents et de ses frères qui l’adoraient, et elles lui ont permis de garder les pieds sur terre lorsqu’il a remporté une distinction nationale, à l’âge de 16 ans, pour ses promesses footballistiques.
De plus, elles l’ont aidé à garder les pieds sur terre lorsque ses premières étincelles de génie au Dynamo de Tbilissi l’ont conduit à rejoindre le Lokomotiv de Moscou, un prêt temporaire qui a façonné l’adolescent à plusieurs égards, dont l’un le hante encore aujourd’hui.
Tout d’abord, cela l’a obligé à s’éloigner de 2 000 km de sa famille, un bouleversement qui a demandé du courage. Il a ensuite dû s’adapter à une forte augmentation de salaire. Pour la première fois de sa vie, Kvaratskhelia était riche.
Puis son père est tombé malade. Gravement malade. L’adolescent a pris un vol direct pour rentrer chez lui et a financé une opération d’urgence qui lui a sauvé la vie. Badri, son père – lui-même ancien footballeur professionnel, rien de moins – reste à ce jour le plus grand supporter de son fils. Son roc.
Au-delà des attentes : une star est née
Il a ensuite rejoint le Rubin Kazan, où l’ailier explosif s’est épanoui, remportant le titre de Jeune joueur de l’année de la Premier League russe pendant deux saisons consécutives.
C’est alors qu’un nouveau revers est survenu, cette fois-ci d’ordre géopolitique. Lorsque l’invasion russe de l’Ukraine a commencé, les contrats des joueurs étrangers ont été suspendus, ce qui signifiait qu’ils étaient libres de rejoindre d’autres clubs.
Malgré l'intérêt manifesté par de plus gros clubs, Kvaratskhelia est rentré chez lui, en Géorgie.
Jusqu’à ce que Naples passe à l’action en 2022. Et bien qu’il existe de nombreuses pistes à explorer pour expliquer pleinement les succès du joueur en Italie, c’est peut-être une anecdote qui nous permettra le mieux d’en saisir l’essence.
On raconte qu’au cours de ses trois années passées dans la péninsule, chaque fois qu’une personne d’origine géorgienne mangeait au restaurant à Naples, elle n’avait jamais à débourser un seul euro.
Au cours de ces trois années en Italie, Khvicha Kvaratskhelia s’est imposé comme un talent offensif d’exception, l’un des principaux moteurs des deux titres remportés par le Napoli. Il était « Kvaradona ». Il était « Kvaravaggio ». Il était adulé.
Puis vint le transfert. Le grand transfert. Le changement décisif pour sa carrière.
L’ascension au trône : le roi modeste
Jeremy Smith est un journaliste sportif français qui a suivi avec un vif intérêt la manière dont l’ailier a fait taire tous les sceptiques dans la Ville Lumière grâce à une série de performances brillantes et pleines d’engagement.
« Lorsque le PSG l’a recruté, certains ont haussé les sourcils, car l’équipe disposait déjà d’une attaque impressionnante, mais il a apporté à la fois de la profondeur, un talent de star et une éthique de travail qui ont joué un rôle déterminant dans la victoire finale du PSG en Ligue des champions. »
« À certains égards, c’est un ailier à l’ancienne, qui colle à la ligne de touche et qui est capable de se démarquer grâce à sa technique et à ses accélérations. »
« Mais il est aussi beaucoup plus costaud, et peut-être doté d’une meilleure endurance, que le stéréotype de l’ailier longiligne. Il sait tenir son terrain et – ce qui est crucial pour le PSG de Luis Enrique – il s’investit sans relâche en défense.
C’est là que réside la différence entre ce PSG et la version Messi-Mbappé-Neymar. L’équilibre est bien meilleur, Enrique parvenant à faire revenir ses attaquants vedettes pour aider la défense. Kvara a joué un rôle crucial à cet égard.
Pour qu’une équipe remporte un trophée majeur, il lui faut un peu de chance et un joueur évoluant à un niveau légèrement supérieur à celui de tous les autres. Cette saison – du moins jusqu’à la finale –, Kvara a été ce joueur pour le PSG. Le joueur que les autres équipes redoutent ; celui qui peut aller vers l’intérieur ou vers l’extérieur, tirer ou passer. Le joueur capable de débloquer une situation grâce à un but brillant ou à un geste technique. Mais aussi celui qui apporte de l’équilibre à l’équipe et qui se donne à fond pour le collectif. »
Lorsque Khvicha Kvaratskhelia est arrivé à Paris, c’était en tant que prince de Naples. Il est désormais prêt à monter sur le trône en tant que roi.
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