Né à Nelson Mandela Bay le 21 janvier 1992, Ronwen Hayden Williams a grandi dans un quartier défavorisé et difficile ; il considère le meurtre de son cousin, survenu alors qu'il n'était encore qu'un petit enfant, comme le tournant décisif de sa vie.
C'est ce qui lui a fait prendre conscience, à l'âge de 10 ans seulement, que le football était sa meilleure chance de s'en sortir et de découvrir un monde plus vaste.
Entouré par « le gangstérisme, l’alcoolisme et la toxicomanie », il estime que ce sport lui a « sauvé la vie » (Guardian).
Deux ans plus tard, ses talents de gardien de but ont attiré l’attention d’un recruteur du SuperSport United et il a été recruté au sein de leur centre de formation, où il a tellement impressionné que Tottenham Hotspur l’a fait venir à Londres, en Angleterre, pour une brève période.
Pourtant, Williams a finalement décidé de rester en Afrique du Sud, où il s’est forgé une carrière légendaire qui a fait de lui une figure incontournable, un véritable héros.
Tout cela en découvrant le monde et ce qu’il a de mieux à offrir.
Statistiques de carrière de Ronwen Williams
SuperSport United : 351 matchs disputés, 127 clean sheets
Mamelodi Sundowns : 168 matchs disputés, 93 matchs sans encaisser de but
Afrique du Sud : 65 sélections, 20 matchs sans encaisser de but
Une année en or
En 2024, « Ronza » a terminé neuvième au classement du Trophée Yashin, avec 27 voix. Il est ainsi devenu le premier gardien de but évoluant dans un club africain à être nominé pour cette distinction.
C'était une reconnaissance méritée pour une année remarquable, au cours de laquelle le gardien a aidé les Mamelodi Sundowns à remporter le sixième de leurs huit titres de champion consécutifs, ainsi que la première édition de l'African Football League.
Peu après, il a été capitaine de son équipe nationale lors de la Coupe d’Afrique des nations, faisant la une des journaux du monde entier en réalisant quatre arrêts lors de la séance de tirs au but qui a permis d’éliminer le Cap-Vert en quarts de finale.
Williams a été désigné meilleur gardien du tournoi.
Palmarès de Ronwen Williams
Vainqueur du championnat d’Afrique du Sud : 2022/23, 2023/24
Vainqueur de la Netbank Cup : 2011/12, 2015/16, 2016/17
Vainqueur de la Ligue africaine de football : 2023
Vainqueur de la Ligue des champions de la CAF : 2025/26
Meilleur gardien de but de la Coupe d'Afrique des nations : 2023
Gardien africain de l'année : 2024
Continental Drift : redéfinir un rôle
Une telle profusion de distinctions et de succès témoigne des capacités exceptionnelles de Williams, admiré pour ses prouesses dans les arrêts, son jeu de jambes et son excellent placement.
Pourtant, son jeu ne se limite pas à ces simples fondamentaux.
À 34 ans, c’est une figure incontournable du camp des Bafana Bafana : non seulement un leader arborant le brassard de capitaine, mais aussi une personnalité d’envergure internationale que peu de ses coéquipiers possèdent.
Ses coéquipiers l’admirent. Ses paroles ont du poids.
De plus, l’Afrique du Sud tire profit de son style de jeu audacieux, qui consiste souvent à lancer la circulation du ballon depuis l’arrière en jouant le rôle de « dernier défenseur » de son équipe. Ses qualités techniques lui permettent d’y parvenir, tout comme son courage et sa volonté de prendre des risques.
Il serait inexact de dire que Williams a été un pionnier en la matière : des gardiens-libéros l’ont précédé.
Mais en remplissant ce rôle avec tant de constance et de maîtrise, il a inspiré toute une génération de gardiens africains à suivre son exemple. Il a véritablement redéfini ce poste.
Enfin, revenons à ce quatuor de penalties arrêtés il y a deux ans et à une caractéristique pour laquelle Williams est sans doute le plus connu.
Le gardien des Sundowns adopte une approche scientifique face aux tirs au but : il étudie ses adversaires avant chaque match, et décompose puis restructure chaque élément de sa routine à l’entraînement. Il affine sa « lecture » du jeu. Il peaufine son élan.
Puis, lorsque le moment arrive au cœur d’un match de compétition, il se livre à des jeux psychologiques, ou au « chirping », comme il appelle cette pratique.
À l’instar du lauréat du Trophée Yashin 2024 – Emi Martinez –, il n’hésite pas à indiquer au tireur de penalty dans quel sens il va plonger, ni à lui faire savoir à quel point il sous-estime ses capacités à 12 yards.
« On essaie juste de lui mettre un peu la pression et de le rendre indécis. J’essaie de repérer les tendances : la façon dont les joueurs se tiennent ou s’ils me regardent droit dans les yeux. »
« Le but est tellement grand que les joueurs sont censés marquer ; nous devons donc faire tout ce qui est en notre pouvoir pour le faire paraître plus petit. »
Dimanche soir, les Bafana Bafana affronteront l’une des nations hôtes, le Canada, en seizièmes de finale. Si le match se prolonge au-delà des prolongations, l’équipe de Williams est entre de bonnes mains.
Statistiques de Ronwen Williams en phase de groupes
Arrêts – 6
Arrêts en hauteur – 2
Poussées des poings – 3
Longues passes précises – 20